En 2026, jusqu'à 5 % de cashback reversés pour tout achat de SCPI
La Centrale des SCPI01 44 56 00 23

Bâle III et les SCPI : ce que le nouveau règlement bancaire européen change concrètement pour vos rendements

Par La Centrale des SCPI ·

Bon à savoir
Bâle III et les SCPI : ce que le nouveau règlement bancaire européen change concrètement pour vos rendements
Partager l'article :

De quoi parle-t-on exactement ?

Depuis le 1er janvier 2025, un nouveau règlement européen — le CRR3, pour Capital Requirements Regulation 3 — transpose en droit européen la finalisation des accords de Bâle III. Son objectif officiel est de renforcer la solidité du système bancaire. Son effet concret, pour les SCPI qui ont recours au crédit, est d'en augmenter le coût dans certaines configurations.

Pour comprendre pourquoi, il faut saisir un mécanisme simple : lorsqu'une banque accorde un prêt, elle doit immobiliser une fraction de ses fonds propres en face de ce crédit. Cette fraction est calculée en appliquant un taux de pondération à l'encours du prêt. Plus la pondération est élevée, plus la banque immobilise de capital — et plus elle facture cher à l'emprunteur.

Avant CRR3, tous les prêts garantis par un bien immobilier recevaient une pondération forfaitaire de 50 %, quelle que soit la valeur du bien ou le montant emprunté. Simple et uniforme. CRR3 change radicalement cette approche.

La nouvelle règle : le niveau d'endettement détermine le coût du crédit

Le règlement introduit une approche où la pondération appliquée par la banque varie en fonction du ratio LTV — c'est-à-dire le rapport entre le montant emprunté et la valeur de l'actif financé.

Pour les actifs immobiliers à vocation locative — la catégorie dans laquelle entrent quasi systématiquement les immeubles détenus par les SCPI —, les nouvelles pondérations s'établissent ainsi : 70 % pour un LTV inférieur ou égal à 60 %, 90 % pour un LTV compris entre 60 % et 80 %, et jusqu'à 110 % au-delà.

Les expositions qui sortent du cadre réglementaire sont quant à elles pondérées à 150 %.

Pour illustrer ce que cela change concrètement, l'analyse publiée par PierrePapier.fr le 23 juin 2026 et réalisée par Nicolas Tarnaud, directeur du MBA Immobilier International de Financia Business School, propose deux exemples parlants.

Premier cas : une SCPI achète un bureau prime à Paris pour 100 millions d'euros avec un financement de 40 millions (LTV de 40 %). Avant CRR3, l'actif pondéré inscrit au bilan de la banque était de 20 millions. Avec la nouvelle pondération de 70 %, il passe à 28 millions — soit une hausse de 40 % du capital réglementaire mobilisé par la banque.

Second cas : une SCPI acquiert un immeuble de bureaux régional pour 20 millions d'euros avec un financement de 14 millions (LTV de 70 %). Avant CRR3, l'actif pondéré s'établissait à 7 millions. Avec la pondération de 90 %, il monte à 12,6 millions — une hausse de 80 %. Et si le LTV avait été de 85 %, l'actif pondéré aurait été multiplié par 2,2.

Ce que cela coûte en points de taux

Le capital réglementaire mobilisé par la banque détermine directement la rémunération qu'elle exige. Chaque tranche de dix points de pondération supplémentaire se traduit par huit à douze points de base de marge additionnelle sur le taux du prêt.

Concrètement, un actif de bureaux ancien financé avec un LTV élevé voit son taux s'alourdir de 50 à 70 points de base. Un actif prime faiblement financé n'est pénalisé que de 15 à 25 points de base. L'écart de conditions entre actifs de qualité et actifs secondaires se creuse donc mécaniquement — et durablement.

Les SCPI sont-elles très endettées ?

Moins qu'on ne le croit souvent. Selon les données de l'ASPIM, le ratio d'endettement moyen des SCPI ressortait à 18,3 % fin 2025, en légère baisse par rapport au pic de 21,4 % atteint fin 2023. Environ 80 % des SCPI ont recours au crédit, mais 17 % affichent un ratio inférieur à 10 % et 52 % se situent dans une fourchette modérée entre 10 % et 30 %. Seul 1 % des véhicules dépasse 40 %, le plafond autorisé par l'AMF.

Ce qui complique l'analyse, c'est la concentration de la dette : fin 2024, les dix SCPI les plus endettées représentaient à elles seules près de 60 % du volume total de dette du secteur. L'impact de CRR3 sera donc très inégalement ressenti selon les fonds.

Qui est le plus exposé ?

Les grandes sociétés de gestion disposent de plusieurs amortisseurs : accès au marché obligataire pour se financer autrement que par le crédit bancaire classique, diversification géographique des actifs qui réduit la concentration des risques, et capacité de négociation renforcée avec leurs partenaires bancaires. Leur exposition à CRR3 reste donc limitée.

Les sociétés de gestion de taille intermédiaire sont structurellement plus vulnérables. Dépendantes du crédit bancaire classique, elles gèrent souvent des actifs tertiaires régionaux ou des typologies jugées plus risquées par les régulateurs — commerces de zone d'activité, bureaux de périphérie, certains actifs logistiques avec des LTV élevés. Pour ces acteurs, le renchérissement du crédit pèsera directement sur le taux de distribution versé aux associés.

Trois conséquences structurelles à anticiper

L'entrée en vigueur de CRR3 sera progressive jusqu'en 2030, ce qui laisse du temps pour les adaptations. Mais les tendances de fond sont déjà lisibles.

La première conséquence est une moindre utilisation du crédit bancaire par les SCPI. Les sociétés de gestion devront davantage arbitrer en faveur de la collecte et, pour les plus grandes, du financement obligataire — une alternative moins accessible aux structures de taille intermédiaire.

La deuxième conséquence est un écart de performance accru entre SCPI diversifiées sur des actifs prime peu endettés et SCPI thématiques exposées à des actifs plus risqués avec des LTV élevés. Les premières absorberont facilement le surcoût. Les secondes verront leur rendement distribué potentiellement affecté.

La troisième conséquence, plus structurelle, est une accélération de la consolidation du secteur. Les petites sociétés de gestion aux capacités de financement contraintes et au coût du crédit structurellement plus élevé auront des difficultés croissantes à maintenir leur compétitivité face aux acteurs les mieux dotés.

Ce qu'il faut retenir en tant qu'investisseur

CRR3 n'est pas un règlement qui vise directement les SCPI. Mais il modifie profondément les conditions dans lesquelles les banques financeront l'immobilier tertiaire dans les années à venir. Pour l'investisseur en pierre-papier, cela se traduit par quelques questions simples à poser avant de souscrire : quel est le ratio d'endettement de la SCPI ? Quelles typologies d'actifs finance-t-elle à crédit ? Et sa société de gestion a-t-elle les moyens de diversifier ses sources de financement au-delà du seul crédit bancaire classique ?

Un fonds peu endetté, investi sur des actifs prime, géré par une société disposant de ressources alternatives de financement, sera structurellement moins affecté par cette nouvelle donne réglementaire. C'est un critère de sélection supplémentaire — discret mais réel — à intégrer dans l'analyse.

Source : Nicolas Tarnaud, "Quand Bâle III renchérit le coût du crédit immobilier pour les SCPI", PierrePapier.fr, 23 juin 2026. Nicolas Tarnaud est directeur du MBA Immobilier International de Financia Business School et contributeur régulier de la revue Réflexions Immobilières. Données d'endettement : ASPIM.

Vous souhaitez identifier les SCPI les mieux positionnées dans ce nouvel environnement réglementaire ?

📞 01 44 56 00 23 — La Centrale des SCPI

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir en SCPI comporte un risque de perte en capital et de liquidité.

Tout pour réussir votre investissement SCPI

Recevez chaque semaine nos analyses nos offres et les meilleures opportunités d'investissement SCPI

Investir en SCPI comporte des risques. En savoir plus