Le départ à la retraite concentre en quelques mois deux flux d'argent inhabituels : l'indemnité de fin de carrière et, pour ceux qui en détiennent un, le capital du plan d'épargne retraite. Deux montants qui paraissent acquis sur le papier, mais dont le net réellement disponible dépend de choix fiscaux à faire avant, pas après. Voici les règles en vigueur en 2026, et les questions à se poser une fois le capital perçu.
Une indemnité de départ volontaire à la retraite est-elle imposée ?
Oui, en totalité, dès le premier euro. La comparaison avec la mise à la retraite décidée par l'employeur est brutale : cette dernière bénéficie d'une exonération d'impôt pouvant atteindre 240 300 € en 2026, soit cinq fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Le départ volontaire, lui, n'ouvre droit à aucune exonération. L'indemnité s'ajoute au salaire de l'année et grimpe le barème progressif avec lui.
Il reste un levier, un seul : le système du quotient (case 0XX de la déclaration de revenus). Il ne réduit pas l'assiette mais lisse l'imposition de ce revenu exceptionnel, au lieu de le taxer d'un bloc l'année du versement. Sur une indemnité de plusieurs dizaines de milliers d'euros, la différence se chiffre vite. Le cas des départs dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi obéit à un régime distinct, nettement plus favorable, que nous détaillons dans notre article sur la rupture conventionnelle et le PSE après 60 ans.
Le moment choisi pour partir change-t-il la fiscalité ?
Oui, et parfois significativement. L'indemnité et le dernier salaire sont rattachés à l'année du départ. La pension, elle, ne commence à peser fiscalement que l'année suivante. Décaler son départ de quelques jours peut donc suffire à faire basculer l'indemnité sur une année où le revenu global, et donc le taux d'imposition, est encore élevé, tandis que la première année de pension, plus faible, sera taxée à un taux moindre.
Partir un 31 décembre ou un 2 janvier n'a rien d'anodin. L'écart mérite d'être calculé au cas par cas avant de fixer la date, en croisant dernier salaire, montant de l'indemnité et niveau de la future pension.
Faut-il sortir son PER en capital ou en rente ?
Tout dépend du besoin : un capital disponible immédiatement, ou un revenu régulier garanti jusqu'au décès. La fiscalité diffère nettement entre les deux voies.
En sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits à l'entrée est imposée au barème progressif, dans la catégorie des pensions mais sans l'abattement de 10 %. Les plus-values relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Sortir tout le capital d'un coup l'année du départ, qui est aussi celle de l'indemnité, peut donc faire flamber le taux marginal : le retrait fractionné sur plusieurs années est souvent la piste à étudier en premier.
La rente viagère suit un autre régime. Elle est imposée comme une pension de retraite, après abattement de 10 %, et les prélèvements sociaux ne s'appliquent que sur une fraction de la rente, fraction qui diminue avec l'âge au premier versement.
Le PER va-t-il devenir obligatoirement liquidé à la retraite ?
Non, pas à ce jour. L'idée a bien été mise sur la table à l'automne 2025 : un amendement au projet de budget 2026, adopté en commission des finances de l'Assemblée nationale le 20 octobre 2025, prévoyait de rendre la liquidation du PER obligatoire dès l'âge de la retraite. Il est tombé avec le rejet du texte en commission, et la mesure a ensuite été rejetée en séance publique le 3 novembre 2025. La loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février 2026, ne la contient pas.
Concrètement, il reste donc possible de conserver son PER après le départ à la retraite, voire de continuer à l'alimenter, notamment dans une logique de transmission. Le sujet n'est pas clos pour autant : cette utilisation du PER comme outil successoral reste dans le viseur de parlementaires, et pourrait revenir dans un prochain texte budgétaire. À noter, dans la même loi de finances, une mesure passée plus inaperçue et favorable celle-là : le délai d'utilisation des plafonds d'épargne retraite non consommés est allongé de trois à cinq ans.
Une fois le capital net perçu, comment l'affecter ?
Trois questions à trancher avant de choisir un support. Quel horizon de placement ? Quel besoin de liquidité à court terme ? Et quel objectif : un revenu régulier, ou une transmission ?
Un capital destiné à un projet dans les deux ans n'a pas sa place sur un support à horizon long comme la SCPI, dont la durée de placement recommandée est de 8 à 10 ans, avec un capital non garanti et une revente non garantie. À l'inverse, un capital dont la vocation est de générer un complément de revenu durable, sans besoin de le récupérer rapidement, peut s'étudier sur ce type de support, au même titre que l'assurance-vie (les deux se combinent d'ailleurs) ou d'autres solutions selon le profil. Notre calcul concret SCPI et retraite donne un ordre de grandeur du complément de revenus possible, et notre guide pour choisir vos SCPI détaille les critères de sélection.
Le bon réflexe reste de raisonner à partir du montant net, après impôt, et non du brut annoncé. Pour valider votre calendrier de départ, votre mode de sortie du PER et l'allocation qui en découle, faites le point avec un conseiller : l'étude est gratuite et sans engagement.
FAQ
Une indemnité de départ volontaire à la retraite est-elle imposée ?
Le moment choisi pour partir à la retraite change-t-il la fiscalité ?
Faut-il sortir son PER en capital ou en rente ?
Le PER va-t-il devenir obligatoirement liquidé à la retraite ?

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