Le premier tour est fixé au dimanche 18 avril 2027, le second au 2 mai. À mesure que l'échéance approche, une partie des épargnants met ses décisions de placement en pause, le temps d'y voir plus clair sur la fiscalité à venir.
Le raisonnement se défend. Il a pourtant un coût, et ce coût se chiffre. Cet article ne cherche pas à deviner qui gagnera ni ce que le vainqueur fera des impôts sur le patrimoine. Personne ne le sait. Il mesure ce que l'attente vous prend, et situe la SCPI parmi les options disponibles d'ici le scrutin.
Faut-il attendre l'élection présidentielle de 2027 pour épargner ?
Il n'y a pas de réponse valable pour tout le monde. Reporter une décision en période électorale part d'une intuition rationnelle : une nouvelle majorité peut retoucher la fiscalité du patrimoine, celle de l'assurance-vie ou celle des revenus fonciers.
Mais l'intuition oublie sa moitié symétrique. Rien ne garantit qu'une fiscalité future soit plus douce que celle d'aujourd'hui. Dans un contexte de dette publique élevée, elle peut tout aussi bien se durcir. Attendre ne supprime donc pas le risque fiscal, cela le décale.
Et ce décalage, lui, se paie comptant : les revenus que vous n'avez pas perçus pendant la période d'attente ne se rattrapent jamais. C'est le seul terme de l'équation qui soit mesurable dès maintenant. Regardons-le.
Combien coûtent dix-huit mois d'attente sur un placement en SCPI ?
Prenons un exemple illustratif, non contractuel.
Un épargnant place 20 000 € en SCPI aujourd'hui. Sur la base du taux de distribution moyen du marché constaté par l'ASPIM pour 2025, soit 4,91 %, cela représente environ 982 € de revenus bruts sur douze mois.
Étirons l'attente jusqu'à l'examen du budget 2028, à l'automne 2027. Cela fait à peu près dix-huit mois, et donc de l'ordre de 1 473 € de loyers qui ne seront ni perçus, ni récupérés plus tard.
Deux nuances rendent ce chiffre honnête. Ce taux n'est pas garanti et il varie beaucoup d'une SCPI à l'autre : l'ASPIM relève 4,2 % en moyenne sur les SCPI résidentielles et jusqu'à 6 % sur les diversifiées. Ensuite, les parts nouvellement souscrites subissent un délai de jouissance, le plus souvent de quatre à six mois selon la société de gestion, pendant lequel elles ne rapportent rien. Le coût de l'attente reste réel, il démarre simplement un peu plus tard qu'on ne le croit.
Que sait-on des programmes des candidats sur la fiscalité de l'épargne ?
Peu de chose, et c'est bien le problème.
À ce stade, aucune mesure n'est arrêtée pour l'après-2027, y compris chez les candidats eux-mêmes. L'Afer, association d'épargnants en assurance-vie, tient le 29 septembre 2026 la dixième édition de ses Assises, avec l'idée d'interroger les candidats sur leurs intentions en matière d'épargne, un sujet qui concerne 34 millions de Français. Que cette question leur soit posée à cette date en dit long : leurs intentions ne sont pas publiques à l'été 2026.
Autrement dit, l'épargnant qui attend une clarification avant d'agir attend quelque chose qui n'arrivera vraisemblablement pas avant la campagne, au printemps 2027. Et pour les mesures réellement votées, il faudra patienter jusqu'au budget qui suivra. Cela nous mène à l'automne 2027, dans le meilleur des cas.
Ce qui ne dépend d'aucun scrutin : la trajectoire des retraites
Il y a une chose que le résultat du 2 mai ne changera pas.
Contrairement à la fiscalité de l'épargne, la trajectoire du système de retraite français est documentée chaque année par le Conseil d'orientation des retraites, organisme public placé auprès du Premier ministre. Son rapport de juin 2026 chiffre un déficit de 5,1 milliards d'euros en 2025, ramené à 1,3 milliard une fois pris en compte le rendement des réserves, sur un total de dépenses de 422 milliards.
Derrière ce solde, une mécanique démographique lente. Le rapport entre les personnes de 20 à 64 ans et celles de 65 ans et plus s'établit aujourd'hui autour de 2,5 pour 1. Le COR le projette à 1,6 pour 1 en 2070.
Le COR ne prédit pas d'effondrement, et l'article ne le fera pas non plus. Il décrit une baisse relative du niveau de vie des retraités par rapport à celui des actifs. Ce constat-là ne changera pas selon le nom du vainqueur en mai 2027, ce qui justifie d'anticiper un complément de revenu sans caler son calendrier sur celui des urnes. Nous détaillons cette logique dans notre guide sur le placement retraite en SCPI.
Pourquoi la SCPI est-elle moins exposée aux aléas électoraux ?
Les revenus d'une SCPI viennent de loyers, versés par des locataires sous bail. Ce flux ne consulte pas le calendrier électoral.
La comparaison est parlante sur deux points. L'assurance-vie en fonds euros reste soumise à la loi Sapin II, qui permet au Haut Conseil de stabilité financière de suspendre temporairement les rachats en cas de crise. Les valeurs mobilières, elles, encaissent directement la volatilité que produit toute incertitude politique.
S'ajoute la mutualisation. Un parc réparti sur plusieurs secteurs, plusieurs zones et de nombreux locataires absorbe mieux une décision réglementaire isolée qu'un appartement détenu en direct.
Soyons précis sur la limite de l'argument : cela ne met pas la SCPI à l'abri d'une évolution de la fiscalité des revenus fonciers ou du patrimoine. Ce risque existe pour toutes les classes d'actifs, et il ne disparaîtra pas. Ce qui est réduit ici, c'est l'exposition au blocage et à la secousse de court terme, pas au risque fiscal. Nous avons mesuré cette décorrélation face aux marchés actions dans notre article sur SCPI et krach boursier.
SCPI, Livret A, assurance-vie, PER : quel placement d'ici 2027 ?
| Placement | Rendement 2025-2026 | Disponibilité | Sensibilité au risque électoral |
|---|---|---|---|
| Livret A | 1,70 % net, plafond 22 950 € | Immédiate | Faible |
| Assurance-vie (fonds euros) | 2,63 % en 2025, net de frais de gestion (ACPR) | Rachats possibles, sauf blocage Sapin II | Modérée |
| SCPI | 4,91 % brut en moyenne (ASPIM 2025) | Revente en semaines à mois, non garantie | Faible à modérée |
| PER | Variable selon les supports | Bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage | Faible |
Aucune de ces quatre lignes n'est sans contrepartie. Le Livret A garde votre capital intact mais perd du pouvoir d'achat dès que l'inflation le dépasse. La SCPI expose à une perte en capital et à une liquidité réduite. Le PER immobilise l'épargne pendant des années.
Le bon choix se décide sur votre horizon et vos objectifs. Pas sur une date de scrutin. Pour comparer support par support à montant donné, voyez notre article où placer 10 000 € en 2026.
Investir en une fois, ou étaler ses versements jusqu'en 2027 ?
Pour qui veut rester investi sans miser sur un point d'entrée, les versements programmés offrent une voie intermédiaire : on entre par tranches, sur plusieurs mois, au lieu d'engager le capital d'un coup.
L'approche ne supprime pas le risque de marché. Elle lisse le prix d'entrée moyen et vous dispense de deviner le bon moment, exercice où presque personne n'excelle.
Elle a sa contrepartie, et il faut la dire : plus l'étalement est long, plus la fraction encore non investie continue, elle aussi, de ne rien rapporter. Le coût de l'attente ne disparaît pas, il se fractionne. Nous avons détaillé ce mécanisme dans notre article sur le versement programmé en SCPI.
Pourquoi passer par La Centrale des SCPI d'ici l'échéance électorale
La Centrale des SCPI (Sereniteo Investissement, 15 rue Saint-Roch à Paris) est un cabinet de conseil en investissements financiers agréé AMF, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 13000729.
Notre accompagnement est gratuit pour vous, parce que nous sommes rémunérés par les sociétés de gestion. Nous le disons franchement plutôt que de le laisser deviner. En contrepartie, vous accédez à l'analyse de tout le marché et non à une gamme maison, ce qui commence par choisir vos SCPI sur des critères comparables, et le devoir de conseil qui s'impose à un CIF s'applique à chaque dossier : profil, adéquation, recommandation écrite.
Nous reversons également un cashback sur les souscriptions, de 3 % sur la grande majorité des offres référencées, jusqu'à 5 % sur l'une d'entre elles. Le cadre de ce dispositif relève de la position-recommandation AMF DOC-2022-04, consacrée à la restitution de rémunérations par un conseiller en investissements financiers à ses clients. Le détail offre par offre figure sur notre page cashback SCPI.
Pour arbitrer votre propre calendrier, parlez-en à un consultant : l'étude est gratuite et sans engagement.
FAQ
Faut-il attendre l'élection présidentielle de 2027 pour investir en SCPI ?
Quand aura lieu l'élection présidentielle de 2027 ?
Les candidats ont-ils annoncé leurs mesures sur la fiscalité de l'épargne ?
La fiscalité des SCPI peut-elle changer après 2027 ?
Vaut-il mieux investir en une fois ou étaler ses versements jusqu'en 2027 ?

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