En 2026, jusqu'à 5 % de cashback reversés pour tout achat de SCPI
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Pourquoi la baisse d'une SCPI fait plus peur qu'un Livret A qui perd du pouvoir d'achat

Par Grégorie Moulinier, Conseiller en Investissements Financiers ·

Bon à savoir
Pourquoi la baisse d'une SCPI fait plus peur qu'un Livret A qui perd du pouvoir d'achat
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Quelqu'un a mis 40 000 € de côté. Il voit passer des titres sur les baisses de prix de part en SCPI, et il laisse l'argent sur son Livret A, « pour ne pas perdre ». Ce profil n'a rien d'exceptionnel : selon le baromètre Ifop réalisé pour Altaprofits au printemps 2026, 79 % des épargnants français privilégient les produits sans risque, même à faible rendement. Le réflexe se comprend. Il ne résiste pas toujours au calcul.

Une perte qu'on voit marque plus qu'une perte qu'on ne voit pas

La différence entre les deux placements n'est pas d'abord une différence de risque. C'est une différence de visibilité.

En SCPI, la perte est un événement. Un prix de part passe de 660 € à 549 €, l'écart est net, daté, immédiatement lisible sur un relevé. Sur un Livret A, il ne se passe jamais rien de tel. Le taux est monté à 1,70 % au 1er août 2026, un rendement qui ne couvre pas nécessairement l'inflation, mais aucune banque n'a jamais envoyé de courrier annonçant « vous avez perdu du pouvoir d'achat ce mois-ci ».

La finance comportementale a un nom pour ça. Une perte ponctuelle et visible marque davantage qu'une érosion continue et silencieuse, y compris quand la seconde finit par coûter plus cher sur dix ans. Le Livret A ne rassure pas parce qu'il protège mieux : il rassure parce qu'il ne montre rien.

Nous avons chiffré la comparaison de rendement entre les deux supports dans un article dédié, les Français font-ils une erreur avec leur Livret A.

La peur de perdre du capital en SCPI est-elle justifiée ?

En partie, et autant le dire franchement.

Le prix de part moyen des SCPI a reculé de 3,45 % en 2025. La performance globale annuelle, qui intègre cette variation, ressort à +1,46 %, très en dessous du taux de distribution affiché de 4,91 %. Le risque de perte en capital n'est pas une formule de prospectus, il s'est matérialisé.

Ce qui distingue ce risque de celui qu'on ne voit jamais, c'est qu'il est mesuré, publié chaque trimestre par l'ASPIM et l'IEIF, et surtout qu'il est sectorisé. Les véhicules diversifiés, ou orientés santé et logistique, ont traversé la période dans un tout autre état que les SCPI de bureaux anciens. Parler de « la » performance des SCPI en 2025 revient à faire une moyenne entre deux marchés qui n'ont pas vécu la même année.

Le contre-exemple est instructif. Corum Origin a distribué 6,50 % en 2025, après 6,05 % en 2024, ce qui porte à quatorze le nombre d'exercices consécutifs à 6 % ou plus depuis 2012. Sur la même période, le marché a connu une crise de taux, une crise du bureau et une crise de liquidité. La dispersion n'est pas un accident de lecture, c'est le sujet.

La bonne question n'est donc pas « les SCPI sont-elles risquées », mais « laquelle, et dans quelle proportion de mon épargne ». Nous détaillons cette dispersion dans ce que la moyenne de +1,46 % ne dit pas.

Et la peur de ne pas récupérer son argent ?

Elle porte sur un risque réel, mais qui a nettement évolué ces derniers mois.

Au 30 juin 2026, les parts en attente d'un acquéreur représentaient 1,9 milliard d'euros sur l'ensemble du marché, en recul par rapport aux trimestres précédents. Une partie de cette amélioration vient des marchés secondaires et des cessions réalisées par les sociétés de gestion, une autre de suspensions temporaires de la variabilité du capital décidées sur quelques véhicules, ce qui nuance mécaniquement la baisse affichée.

Le risque n'est pas homogène. Il est structurellement plus élevé sur les SCPI à capital fixe, où aucune contrepartie n'est organisée : il faut trouver un acheteur. Sur une SCPI à capital variable, la société de gestion organise le retrait, mais un délai de plusieurs semaines reste possible quand les demandes de retrait dépassent la collecte.

C'est un paramètre qui se vérifie avant de souscrire, pas après. Le montant des parts en attente rapporté à la capitalisation figure dans les bulletins trimestriels.

Le paradoxe : plus on s'inquiète pour sa retraite, moins on prépare

Le même baromètre Ifop relève un signal qui mérite qu'on s'y arrête. 43 % des actifs comptent désormais exclusivement sur la retraite par répartition pour leurs revenus futurs, soit 15 points de plus qu'un an auparavant.

Sur la même période, l'aversion au risque progresse. Les deux courbes montent ensemble, et c'est exactement le problème : l'inquiétude sur la retraite pousse vers des supports qui ne produisent aucun revenu complémentaire, au moment précis où le besoin de ce complément grandit.

Éviter la SCPI par prudence ne supprime pas le risque retraite. Cela le déplace, d'un risque de valorisation visible vers un risque de revenus insuffisants qui ne se verra qu'au moment où il sera trop tard pour le corriger. Nous avons mis des chiffres sur cet arbitrage dans préparer sa retraite avec les SCPI, le calcul concret.

Remplacer une peur par une promesse ne règle rien

Il faut le dire aussi, parce que l'erreur inverse existe.

Un rendement élevé une année donnée ne présage ni du maintien du prix de part, ni de la stabilité des revenus. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et l'investissement en SCPI comporte un risque de perte en capital. Personne ne devrait souscrire parce qu'on lui a promis que ça monterait.

L'enjeu est ailleurs : remplacer une décision par défaut, celle de ne rien faire par peur diffuse, par une décision documentée. Le régime de la SCPI, capital fixe ou variable. Sa composition sectorielle. Votre horizon réel de placement. Ces trois éléments changent plus la réponse que le niveau général de « risque SCPI » dont tout le monde parle.

Si vous hésitez depuis des mois sans savoir sur quoi trancher, nos consultants font le point avec vous.

FAQ

Le Livret A fait-il vraiment perdre de l'argent ?
Pas en valeur nominale : le capital est garanti et ne baisse jamais. En pouvoir d'achat, c'est différent. À 1,70 % depuis le 1er août 2026, le rendement ne couvre pas nécessairement l'inflation, et la perte se produit alors sans jamais apparaître sur un relevé. Cela n'enlève rien à son utilité comme épargne de précaution disponible à tout moment.
Pourquoi les SCPI ont-elles baissé en 2025 ?
Le prix de part moyen a reculé de 3,45 %, essentiellement sous l'effet de la remontée des taux et des difficultés du bureau ancien. La performance globale annuelle du marché reste positive à +1,46 %, les loyers distribués ayant partiellement absorbé la baisse des valorisations.
Combien de temps faut-il pour revendre des parts de SCPI ?
Cela dépend du régime. Sur une SCPI à capital variable, la société de gestion organise le retrait, avec un délai qui peut aller de quelques jours à plusieurs mois selon l'équilibre entre retraits et souscriptions. Sur une SCPI à capital fixe, il faut trouver un acheteur sur le marché secondaire, sans garantie de contrepartie.
Faut-il arbitrer tout son Livret A vers des SCPI ?
Non, et l'idée même est mauvaise. Le Livret A remplit une fonction que la SCPI ne remplit pas : disponibilité immédiate et capital garanti pour l'épargne de précaution. La question porte sur la fraction d'épargne longue, celle dont vous n'avez pas besoin avant huit à dix ans.
Toutes les SCPI ont-elles baissé ?
Non. La moyenne de marché masque des écarts considérables selon les secteurs et les millésimes. En 2025, certaines SCPI ont revalorisé leur prix de part quand d'autres l'ajustaient à la baisse, et les taux de distribution s'échelonnent de moins de 4 % à plus de 7 %. C'est la sélection du fonds qui fait la différence, pas l'appartenance à la classe d'actifs.

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