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Pierval Santé au T2 2026 : 50,7 millions d'euros investis, une distribution en transition

Par Grégorie Moulinier, Conseiller en Investissements Financiers ·

Focus SCPI
Pierval Santé au T2 2026 : 50,7 millions d'euros investis, une distribution en transition
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Cinq opérations immobilières, 50,7 millions d'euros engagés, et un dividende qui ne bouge pas. Le deuxième trimestre 2026 de la SCPI Pierval Santé tient en trois chiffres, mais ils ne racontent pas la même histoire.

D'un côté, Euryale continue de transformer un patrimoine de santé désormais réparti sur neuf pays. De l'autre, deux voyants restent orange : une vacance locative qui progresse, et 100,4 millions d'euros de parts en attente de retrait au 30 juin 2026. Voici ce que dit le bulletin.

Trois acquisitions dans l'immobilier de santé européen

Pierval Santé a signé trois acquisitions au deuxième trimestre, pour 24,9 millions d'euros au total en quote-part.

La plus importante se situe à Ciudalcampo, au nord de Madrid. Il s'agit d'un EHPAD de 6 455 m² exploité par Amavir, filiale espagnole du groupe Maisons de Famille, acquis le 25 juin 2026 pour 13,1 millions d'euros. Le bail est ferme, en triple net, sur vingt-cinq ans. C'est une durée d'engagement rare, y compris dans l'immobilier de santé. Le rendement immobilier immédiat annoncé au bulletin ressort à 6,58 %.

Au Royaume-Uni, la SCPI s'est positionnée sur un laboratoire de recherche et de fabrication de dispositifs médicaux à Bacup, occupé par Orthoplastics Limited. L'immeuble a été acheté 7,6 millions d'euros, dont 90 % pour Pierval Santé et 10 % pour Euryale Horizons Santé. Le bail ferme court sur 13,5 ans et le rendement annoncé lors de l'acquisition atteint 7,97 %.

Troisième opération, en France cette fois : 5 millions d'euros pour un établissement d'hospitalisation à domicile à Coulommiers, exploité par LNA Santé, avec un bail ferme de quinze ans.

Le rendement brut annuel moyen des investissements réalisés depuis janvier 2026 ressort à 6,78 % selon la société de gestion. Attention à ne pas confondre les deux notions : ce rendement immobilier mesure le loyer rapporté au prix payé pour l'immeuble. Il ne correspond pas au taux de distribution servi aux associés, qui s'apprécie après charges, frais de gestion et fiscalité. Il ne constitue pas davantage une garantie de performance future.

Deux livraisons attendues, à Lens et Kaiserslautern

Le trimestre a aussi vu aboutir deux opérations engagées bien plus tôt. En Allemagne, à Kaiserslautern, un EHPAD entièrement réhabilité représente un investissement global de 11,6 millions d'euros. L'établissement compte 61 chambres simples et 8 doubles, soit 77 lits, auxquels s'ajoutent 17 places d'accueil de jour.

À Lens, une maison médicale de 3 191 m² a été réceptionnée pour une valeur de 14,2 millions d'euros. En juillet 2026, 54 % des surfaces étaient louées et 16 % faisaient l'objet de négociations avancées. Une maison médicale se remplit rarement le jour de sa livraison : le taux montera au fil des installations de praticiens.

Ces deux livraisons expliquent l'écart entre les 24,9 millions d'euros d'acquisitions et les 50,7 millions d'euros engagés sur le trimestre. Elles doivent générer des loyers supplémentaires au cours des prochains trimestres, sans que le calendrier en soit garanti.

Quel dividende pour Pierval Santé au T2 2026 ?

Le dividende net versé au titre du deuxième trimestre s'établit à 1,50 euro par part, hors prélèvement forfaitaire unique. C'est le même montant qu'au premier trimestre.

Le dividende brut, lui, recule de 1,84 à 1,51 euro par part. Euryale attribue cette variation à un retraitement comptable de la fiscalité sur les actifs détenus en Irlande. Concrètement, l'écart entre brut et net se referme presque entièrement, sans que l'associé français perçoive un centime de moins.

Reste que sur le premier semestre 2026, la distribution nette cumulée atteint 3 euros par part. La société de gestion vise à moyen terme un rendement normatif proche de 4,5 %, ce qui correspondrait à 9,18 euros par part et par an. L'écart entre le rythme actuel et cet objectif est important, et l'objectif n'est pas garanti.

Pour situer ce chiffre dans la durée : en 2025, Pierval Santé a affiché un taux de distribution de 4,06 %, c'est-à-dire le dividende brut versé sur l'année rapporté au prix de souscription au 1er janvier. Sur la même période, sa performance globale annuelle ressort également à 4,06 %, cet indicateur ajoutant au taux de distribution la variation de la valeur de la part sur l'exercice. Les deux se confondent ici parce que le prix de part n'a pas bougé. Sur dix ans, le taux de rentabilité interne s'établit à 4,39 %, mesure qui intègre à la fois les revenus perçus et le prix d'entrée comme de sortie sur la période. Ces performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Une occupation locative sous surveillance

Le patrimoine reste très diversifié. Au 30 juin 2026, la capitalisation atteint 3,3 milliards d'euros pour 255 actifs et 1 003 locataires, répartis dans neuf pays. La France en représente 33,7 % de la valeur, les Pays-Bas 19,6 %, l'Allemagne 13,8 % et le Royaume-Uni 12,8 %. La durée résiduelle moyenne des baux atteint 14,83 ans, un niveau élevé qui tient à la nature des exploitants de santé.

Le taux d'occupation financier s'établit toutefois à 93,22 %, et la surface vacante progresse de 77 024 à 86 697 m² en trois mois.

L'essentiel de cette hausse tient à un événement identifiable. Veracyte a quitté un laboratoire de 5 881 m² à Marseille, sur le parc scientifique de Luminy, représentant plus de 1,2 million d'euros de loyer annuel. Le groupe américain propriétaire de l'unité marseillaise s'en est séparé, et le site a fait l'objet d'une procédure de cession début 2026. Un mandat de commercialisation a été confié pour relouer les surfaces.

Un locataire unique de cette taille qui part, c'est la démonstration du risque de concentration locative, même sur un portefeuille de 1 003 signatures. Le loyer perdu reste modeste au regard des revenus du fonds, mais il pèse mécaniquement sur le taux d'occupation tant que la relocation n'a pas abouti.

La liquidité reste le principal point d'attention

C'est le sujet le plus scruté par les associés, et il mérite des chiffres précis.

Au 30 juin 2026, Pierval Santé comptabilise 550 067 parts en attente de retrait. Valorisées à la valeur de retrait, elles représentent environ 100,4 millions d'euros, soit 3,04 % de la capitalisation. Au cours du trimestre, 16 217 parts ont été souscrites et exactement autant ont été retirées. La collecte brute couvre donc les sorties du trimestre, mais elle n'entame pas la file d'attente constituée auparavant.

Cette mécanique est celle de toute SCPI à capital variable : un retrait n'est servi que si une souscription lui fait face. Nous l'avons détaillée dans notre article sur l'illiquidité des SCPI et ce qu'elle protège.

Côté valorisation, trois chiffres à ne pas confondre au 30 juin 2026 :

  • le prix de souscription reste fixé à 204 euros, c'est ce que paie un nouvel associé ;
  • la valeur de reconstitution s'établit à 199,21 euros, c'est ce que coûterait la reconstitution à l'identique du patrimoine. Le prix de souscription se situe donc 2,4 % au-dessus de cette valeur, ce qui réduit la marge dont dispose la société de gestion avant d'avoir à envisager un ajustement de prix ;
  • la valeur de retrait ressort à 182,56 euros, c'est ce que perçoit un associé qui sort. L'écart avec le prix de souscription correspond à la commission de souscription, supportée à la revente et non à l'achat.

Ce dernier point est souvent mal compris, et il n'a rien à voir avec une décote de marché secondaire. Nous avons consacré un article à cette confusion fréquente, entre décote sur le marché secondaire et écart à la valeur de reconstitution.

Enfin, un point qui joue en faveur des souscripteurs et que le bulletin rappelle : le délai de jouissance a été ramené de cinq mois à un mois depuis le 1er juillet 2025. Une part souscrite aujourd'hui produit des revenus dès le premier jour du mois suivant. Ce n'est donc pas une nouveauté du trimestre, mais c'est le levier sur lequel la société de gestion compte pour soutenir la collecte et, par ricochet, résorber la file d'attente.

Ce que ce trimestre dit du fonds

Pierval Santé reste une SCPI de référence sur l'immobilier de santé européen, et elle conserve son statut de fonds de partage au profit de l'Institut du Cerveau. Sa taille, la durée de ses baux et la nature de ses locataires lui donnent une visibilité que peu de véhicules offrent.

Mais un plan de transformation ne se juge pas sur un trimestre. Les 50,7 millions d'euros engagés produiront leurs effets sur plusieurs exercices, le temps que les actifs livrés se remplissent et que les nouveaux baux montent en puissance. D'ici là, la distribution reste en retrait de l'objectif affiché et la file de retraits demeure l'indicateur à suivre trimestre après trimestre.

Pour comparer ce véhicule à d'autres SCPI de santé ou de diversification européenne, notre classement des SCPI et notre guide pour choisir vos SCPI donnent les critères à examiner. Le dimensionnement, lui, dépend de votre situation : les consultants de La Centrale des SCPI peuvent analyser la place de cette SCPI dans un portefeuille diversifié au cours d'un échange personnalisé.

FAQ

Quel dividende Pierval Santé a-t-elle versé au deuxième trimestre 2026 ?
Le dividende net s'établit à 1,50 euro par part, hors prélèvement forfaitaire unique, soit le même montant qu'au premier trimestre. Le dividende brut passe en revanche de 1,84 à 1,51 euro par part, la société de gestion attribuant cette variation à un retraitement comptable de la fiscalité sur les actifs irlandais. Sur le premier semestre 2026, la distribution nette cumulée atteint 3 euros par part. Ces montants ne préjugent pas des distributions futures.
Que signifient les 550 067 parts en attente de retrait de Pierval Santé ?
Elles correspondent aux demandes de sortie d'associés qui n'ont pas encore trouvé de souscription en face, au 30 juin 2026. Valorisées à la valeur de retrait, elles représentent environ 100,4 millions d'euros, soit 3,04 % de la capitalisation. Sur le trimestre, 16 217 parts ont été souscrites et autant retirées : la collecte couvre les sorties courantes sans réduire la file constituée auparavant. Concrètement, un associé qui demande le retrait de ses parts aujourd'hui attend.
Pourquoi le prix de la part de Pierval Santé est-il supérieur à sa valeur de reconstitution ?
Au 30 juin 2026, le prix de souscription est de 204 euros et la valeur de reconstitution de 199,21 euros, soit un écart de 2,4 %. La réglementation autorise un prix de souscription compris dans une fourchette de plus ou moins 10 % autour de la valeur de reconstitution. Pierval Santé reste donc largement dans les clous, mais cet écart réduit la marge disponible avant qu'un ajustement du prix ne doive être envisagé.
Quelle est la différence entre valeur de retrait et prix de souscription ?
Le prix de souscription, 204 euros, est ce que paie un nouvel associé. La valeur de retrait, 182,56 euros, est ce que perçoit un associé qui sort. L'écart correspond à la commission de souscription, prélevée en réalité à la sortie et non à l'entrée. Ce mécanisme explique pourquoi une SCPI se détient sur une durée longue : il faut plusieurs années de distribution pour l'absorber.
Pourquoi le taux d'occupation financier de Pierval Santé a-t-il baissé ?
Il s'établit à 93,22 % au 30 juin 2026, la surface vacante passant de 77 024 à 86 697 m² en trois mois. Le départ de Veracyte d'un laboratoire de 5 881 m² à Marseille, représentant plus de 1,2 million d'euros de loyer annuel, explique l'essentiel de cette progression. Un mandat de commercialisation a été confié pour relouer ces surfaces.

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