Un livret boosté sur deux à trois mois (Cashbee, Fortuneo, Meilleurtaux…) affiche aujourd'hui 5 % à 6 % brut. C'est un taux réel, mais limité dans le temps comme dans le montant. Une fois la période promotionnelle terminée, deux options s'ouvrent. Laisser le capital sur le même livret, qui retombe à un taux de base souvent compris entre 1,5 % et 2 % brut, soit 1 % à 1,4 % net après le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Ou réorienter tout ou partie de cette somme vers un placement construit pour durer, comme les SCPI, dont le taux de distribution moyen atteint 4,91 % en 2025 selon l'ASPIM et l'IEIF. Le format court du livret boosté n'est pas un problème en soi : c'est un point de passage, pas une fin. Ce qui détermine le résultat, c'est ce que vous faites du capital une fois qu'il est libéré, pas le taux affiché au départ.
Le livret boosté, un premier pas légitime
Ouvrir un livret à taux boosté n'a rien d'irrationnel. C'est sans risque, sans engagement, et le capital reste disponible à tout moment. Concrètement, en juillet 2026 : Cashbee affiche 6 % brut pendant deux mois, Meilleurtaux et Placement-direct 5,5 % brut pendant deux mois, Fortuneo (Livret+) 5 % brut pendant trois mois. Sur un versement de 15 000 €, la période boostée de Cashbee rapporte environ 103 € nets en deux mois (6 % annualisé sur deux mois, moins le PFU de 31,4 %). Un gain réel, mais ponctuel, qui ne se reproduit pas d'une année sur l'autre sur le même support.
Toutes les offres ne se valent pas une fois la promotion passée. Le taux de base qui prend le relais varie énormément d'un établissement à l'autre, de 0,20 % à 2 % brut selon les cas. Certaines retombent donc quasiment à zéro. Le réflexe utile tient en une ligne : vérifier le taux de base avant d'ouvrir, pas seulement le taux affiché en gros sur la page d'accueil.
La promotion se termine : le vrai moment de décision
C'est ici que se joue l'essentiel, pas au moment de l'ouverture. Deux ou trois mois après avoir placé votre argent, le taux boosté prend fin. Vous avez alors le choix, sans pénalité ni délai. C'est précisément l'avantage d'un format court : vous n'êtes jamais bloqué plus de quelques semaines sur un taux qui ne vous convient plus.
Ne rien faire, c'est laisser le capital sur le même livret, au taux de base. Sur l'exemple de Cashbee, cela revient à 1,90 % brut, soit environ 1,30 % net. On passe sous l'inflation observée en 2026 (1,8 % en juin, avec une remontée anticipée par l'Insee). L'argent continue de perdre du pouvoir d'achat, silencieusement, chaque mois.
Réorienter le capital, c'est utiliser la liberté que vous rend la fin de la promotion. C'est le moment logique pour décider ce que devient cette somme. La garder disponible sur un livret réglementé (Livret A, LEP) si elle sert d'épargne de précaution. L'orienter vers un placement de plus long terme si elle dépasse ce besoin.
À quoi comparer ces taux : l'inflation, pas seulement le Livret A
L'inflation française a atteint 1,8 % en juin 2026 (chiffre définitif Insee), après un pic à 2,4 % en mai lié à la perturbation du trafic pétrolier dans le détroit d'Ormuz. L'Insee anticipe une remontée progressive dès août, jusqu'à environ 2,7 % en décembre, pour une moyenne annuelle proche de 2 %.
Le Livret A, à 1,50 % net actuellement, reste proche de zéro en rendement réel sur l'année. Une hausse a été confirmée pour le 1er août 2026, avec un taux attendu autour de 1,7 % à 1,8 %. Même relevé, il redevient négatif en réel si l'inflation accélère comme prévu en fin d'année. C'est ce repère, le rendement réel net d'inflation, qui doit guider la décision au moment où le taux boosté s'arrête, davantage que la comparaison entre deux taux bruts affichés.
Aller plus loin : les SCPI sans frais d'entrée
Le taux de distribution moyen du marché des SCPI s'est établi à 4,91 % en 2025 (ASPIM/IEIF, publié le 10 février 2026), en progression pour la troisième année consécutive. Ce chiffre appelle une nuance de taille : la performance globale du marché, revenus plus évolution du prix de part, ne ressort qu'à 1,46 % en 2025, le prix de part moyen ayant reculé de 3,45 %, surtout sur les segments bureaux et résidentiel. Le taux de distribution seul ne dit donc pas tout ; la sélection du véhicule compte.
Pour un premier pas au-delà du livret, deux SCPI sans frais de souscription réduisent l'objection la plus courante, le coût d'entrée de 8 % à 12 % prélevé par les SCPI classiques.
Iroko Atlas, lancée en septembre 2025 : 0 % de frais de souscription, taux de distribution 2025 de 9,41 %. Un chiffre que la société de gestion qualifie elle-même de non représentatif du rendement de croisière (cible non garantie de l'ordre de 6,5 % à long terme), à cause de l'effet de montée en charge sur une première année partielle. En contrepartie, des frais de gestion annuels de 14,4 % à 16,8 % des loyers, une commission de sortie de 6 % en cas de revente avant cinq ans, et un seul exercice complet de recul.
Remake Live, lancée en 2022 : 0 % de frais de souscription, taux de distribution 2025 de 7,05 %, quatrième exercice consécutif au-dessus de 7 % (7,64 % en 2022, 7,79 % en 2023, 7,50 % en 2024), nettement au-dessus de l'objectif de long terme initialement communiqué (5,5 %). Frais de gestion annuels de 18 % des loyers, commission de retrait de 5 % en cas de cession avant cinq ans.
Dans les deux cas, l'absence de frais d'entrée ne signifie pas l'absence de frais : elle en déplace l'assiette vers les loyers plutôt que vers le capital versé. Et surtout, ce n'est pas un livret. Le capital n'est pas garanti, la valeur de la part peut baisser, la revente n'est ni immédiate ni assurée. L'horizon recommandé est de huit à dix ans minimum, ce qui suppose une somme qui dépasse vraiment votre besoin de disponibilité à court terme. Pour comparer les véhicules, voyez notre classement des SCPI et notre guide sur les SCPI sans frais de souscription.
La prudence est légitime, l'immobilité a aussi un coût
Hésiter à sortir du cadre rassurant du livret n'a rien d'anormal. C'est un réflexe de bon sens face à un placement qu'on ne maîtrise pas encore. Mais rester immobile n'est pas sans risque non plus, simplement un risque différent, moins visible : celui de l'érosion progressive du pouvoir d'achat par l'inflation, sur une épargne qui, elle, ne bouge jamais à l'affichage.
Il n'existe pas de choix universellement meilleur. La bonne réponse dépend de votre horizon, de votre besoin réel de liquidité, et de votre tolérance à voir une valeur de part fluctuer. Ce qui compte, c'est de faire ce choix consciemment, au bon moment, celui où le taux boosté s'arrête, plutôt que par défaut. Pour en parler sur votre situation, échangez avec un conseiller : l'étude est gratuite et sans engagement.
Questions fréquentes
Mon taux boosté se termine dans quelques semaines : je fais quoi ?
Est-ce risqué de sortir de mon livret pour une SCPI ?
Combien puis-je espérer de plus avec une SCPI qu'avec un livret ?
Par où commencer si je n'ai jamais investi en SCPI ?

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