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Où investir la trésorerie d'entreprise en 2026 ? CAT, OPCVM monétaires, SCPI : le comparatif

Par Grégorie Moulinier, Conseiller en Investissements Financiers ·

Fiscalité
Où investir la trésorerie d'entreprise en 2026 ? CAT, OPCVM monétaires, SCPI : le comparatif
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Il n'existe pas une réponse à cette question, mais deux, selon la nature de la trésorerie concernée. La trésorerie d'exploitation, celle qui couvre le besoin en fonds de roulement et peut être mobilisée à moins de douze mois, se place sur un compte à terme (CAT) ou un OPCVM monétaire : capital garanti, rendement brut de l'ordre de 2 % à 3,5 % selon la durée et le montant. L'excédent de trésorerie stable, la part que l'entreprise sait, par son historique de cycle, ne pas devoir mobiliser avant plusieurs années, peut viser un rendement supérieur via un contrat de capitalisation, un compte-titres ou une SCPI, au prix d'un risque de perte en capital et d'une liquidité réduite. Confondre les deux poches est l'erreur la plus fréquente sur ce sujet, et la plus coûteuse : soit un manque à gagner (tout laisser en CAT alors qu'une partie ne servira pas avant cinq ans), soit un risque de trésorerie (loger du BFR dans un support illiquide).

Le tri préalable : quelle est la vraie nature de votre excédent ?

Avant tout arbitrage, trois questions déterminent l'allocation.

  • Le montant est-il stable ou volatil ? Une entreprise au cycle d'exploitation régulier projette ses besoins avec précision. Une structure jeune ou saisonnière doit surpondérer la liquidité.
  • À quelle échéance cet argent sera-t-il réclamé ? Moins de douze mois : placements monétaires. Au-delà de trois à cinq ans sans besoin identifié : les supports de long terme deviennent pertinents.
  • L'objet social de la société autorise-t-il ce type de placement ? Ce point, souvent négligé, se vérifie avec l'expert-comptable ou l'avocat avant toute allocation vers des supports financiers non liés à l'activité opérationnelle.

Une règle simple par-dessus tout : ne jamais placer la réserve de précaution, généralement trois à six mois de charges fixes, quel que soit le support envisagé pour le reste.

Comparatif des supports pour la trésorerie d'entreprise

SupportRendement brut indicatif (2026)Capital garantiLiquiditéFiscalité (société à l'IS)
Compte à terme (CAT)2 % à 3,5 % selon durée et montantOui (FGDR, 100 000 € par banque)Bloqué jusqu'à l'échéance, sortie anticipée pénaliséeIntérêts intégrés au résultat imposable
OPCVM monétaire / compte pro rémunéré1 % à 2,5 %Oui (quasi)Quotidienne à quelques joursIntégré au résultat imposable
Contrat de capitalisation~3 % (fonds euros), davantage en unités de compteOui sur le fonds euros seulementRachat possible, fiscalité de sortie spécifiqueRégime propre au contrat, distinct de l'IS classique
SCPICible 4 % à 6 % selon les véhiculesNon, risque de perte en capitalFaible : cession de parts sur le marché secondaire, délai de jouissanceRevenus fonciers et financiers intégrés au résultat imposable
Compte-titres (actions, obligations)Variable, selon les marchésNonÉlevéeIntégré au résultat imposable

Ces niveaux de rendement s'inscrivent dans un contexte de taux directeurs relevés. Depuis le 17 juin 2026, la BCE a porté sa facilité de dépôt à 2,25 % et son taux de refinancement à 2,40 %, sa première hausse en trois ans, sur fond de tensions au Moyen-Orient et autour du détroit d'Ormuz qui pèsent sur l'inflation. La trajectoire des prochaines réunions reste incertaine. La conséquence est directe pour l'arbitrage : l'écart de rendement entre un placement monétaire et une SCPI s'est resserré par rapport aux cycles de taux bas passés. Quand le CAT rapporte davantage, l'argument de rendement en faveur de l'immobilier papier pèse moins lourd. C'est un paramètre à intégrer, pas à balayer.

SCPI et trésorerie d'entreprise : ce que dit la fiscalité

Quand une société soumise à l'IS détient des parts de SCPI, les revenus perçus, fonciers comme financiers, sont intégrés au résultat imposable de la société. Ils ne relèvent pas du régime des revenus fonciers des particuliers. Deux taux s'appliquent (article 219 du CGI) :

  • 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice imposable, sous deux conditions cumulatives : un chiffre d'affaires inférieur à 10 M€, et un capital social entièrement libéré détenu à 75 % au moins par des personnes physiques (ou par une société elle-même détenue à 75 % par des personnes physiques).
  • 25 % au-delà de ce seuil, ou en cas de non-respect des conditions.

Un point souvent absent des comparatifs génériques : la société ne supporte pas les prélèvements sociaux de 17,2 % qui frappent les personnes physiques sur leurs revenus fonciers. C'est un avantage réel par rapport à la détention directe. Il ne faut pas s'arrêter là pour autant. Si la société distribue ensuite ces revenus en dividendes à un actionnaire personne physique, celui-ci sera imposé à son tour (PFU à 30 %, ou barème progressif sur option). La fiscalité à l'IS ne supprime pas l'imposition : elle la déplace et la reporte tant que les fonds restent dans la société. C'est précisément là l'intérêt d'un placement de trésorerie stable plutôt que d'une distribution immédiate.

Points de vigilance avant d'orienter de la trésorerie vers la SCPI

  • Absence de garantie en capital. Le marché immobilier peut baisser, et certaines SCPI ont ajusté leur valeur de part à la baisse ces dernières années. Le rendement cible n'est jamais garanti.
  • Liquidité réduite. La revente de parts dépend d'un marché secondaire (SCPI à capital variable) ou d'un registre des ordres (capital fixe) ; le délai peut s'étendre à plusieurs semaines, voire plusieurs mois selon la conjoncture.
  • Délai de jouissance. Les premières distributions n'interviennent qu'après un délai, en général de quatre à six mois selon les SCPI, à intégrer dans le calibrage de la trésorerie disponible.
  • Rendements de lancement à relativiser. Certaines SCPI récentes affichent des taux de distribution élevés en phase de montée en puissance. Iroko Atlas a ainsi affiché 9,41 % en 2025, un niveau qui ne préjuge pas du rendement de croisière visé, de l'ordre de 6 à 6,5 % pour ce véhicule selon sa société de gestion, une fois le patrimoine stabilisé. À l'inverse, une SCPI au patrimoine mature comme Corum Origin affiche un historique continu de quatorze ans, avec un taux de distribution de 6,50 % en 2025 : un signal de régularité, différent d'un signal de lancement.
  • Objet social et gouvernance. Le placement doit rester cohérent avec l'objet social et être validé en gouvernance, selon la forme sociale, avant exécution, surtout pour des montants significatifs au regard du bilan.

Ce n'est donc pas un arbitrage « SCPI contre le reste ». C'est un arbitrage entre horizon de mobilisation et tolérance à l'illiquidité. Pour une trésorerie qui pourrait être réclamée sous vingt-quatre mois, le CAT ou l'OPCVM monétaire reste la réponse la plus rigoureuse, quel que soit l'écart de rendement affiché par ailleurs. Pour comparer les véhicules, voyez notre classement des SCPI.

Le devoir de conseil, ce qui pèse dans le choix d'un intermédiaire

Orienter de la trésorerie d'entreprise vers un placement à risque n'a rien d'anodin, et la manière dont l'opération est encadrée compte autant que le produit retenu. Un cabinet enregistré comme conseiller en investissements financiers (CIF) est tenu à un devoir de conseil : avant toute souscription, il doit analyser l'adéquation du placement au profil de risque et aux besoins réels de l'entreprise, puis formaliser cette analyse par écrit. Ce n'est pas une politesse commerciale, c'est une obligation réglementaire encadrée par l'AMF.

Concrètement, pour un placement de trésorerie, vous êtes en droit d'attendre un questionnaire sérieux sur l'horizon de mobilisation et la tolérance à l'illiquidité, une recommandation écrite qui explique pourquoi tel montant va sur tel support, et un rappel clair des risques. Un argumentaire de rendement présenté sans cette étape d'adéquation doit vous alerter. La Centrale des SCPI est un cabinet agréé CIF, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 13000729 ; son accompagnement est gratuit pour l'entreprise, sa rémunération étant assurée par les sociétés de gestion. Pour cadrer l'arbitrage sur votre trésorerie stable, parlez-en à un conseiller : l'étude est gratuite et sans engagement.

FAQ

Une SCPI est-elle un placement de trésorerie adapté à une entreprise ?
Seulement pour la part de trésorerie stable, non mobilisable à court terme, et en acceptant un risque de perte en capital comme une liquidité réduite. Pour la trésorerie d'exploitation, le CAT ou l'OPCVM monétaire restent plus adaptés.
Quelle est la fiscalité d'une SCPI détenue par une société à l'IS ?
Les revenus sont intégrés au résultat imposable, taxés à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions) puis à 25 % au-delà, sans prélèvements sociaux au niveau de la société. La distribution ultérieure aux actionnaires reste imposée séparément.
Faut-il modifier l'objet social pour investir en SCPI ?
Il faut d'abord vérifier que l'objet social couvre ce type de placement financier. À défaut, une modification statutaire ou une validation en gouvernance peut être nécessaire, selon le montant et la forme sociale.
Un compte à terme est-il préférable à une SCPI pour la trésorerie d'entreprise ?
Pour un horizon inférieur à deux ans ou un besoin de liquidité incertain, oui : le CAT garantit le capital. Pour un horizon supérieur à cinq ans, sur un montant identifié comme non nécessaire à l'exploitation, la SCPI vise un rendement supérieur en échange d'un risque assumé.

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